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Le projet de piscine intérieure à Sainte-Anne-des-Plaines - +

Jean-Frédéric Martin
Un billet de
Jean-Frédéric Martin

C’est demain soir qu’aura lieu l’assemblée publique d’information sur le projet de piscine intérieure. Il y a fort à parier qu’à moins de conditions météorologiques épouvantables, il y aura foule au Centre Jean-Guy Cardinal. Entre les tenants du pour et du contre qui mobiliseront leurs troupes, se trouvent plusieurs indécis qui voudront certainement obtenir le meilleur éclairage possible sur le projet.

Bien que j’aie toujours douté de la pertinence d’une piscine intérieure à Sainte-Anne-des-Plaines, pour plusieurs raisons, j’avais refusé jusqu’à maintenant de prendre position publiquement sur le sujet. D’abord parce que chacun a droit à son opinion et que je suis conscient que certains résidents appuient le projet. Ensuite, parce que je suis assez ouvert d’esprit pour revoir mes positions si on peut m’en démontrer la pertinence.

Mais loin de me faire changer d’idée, le dépliant distribué par la Ville, la semaine dernière, suscite chez moi de nouvelles questions, voire de nouvelles objections.

Sondage
D’abord, on revient avec ce fameux sondage, effectué le printemps dernier. La firme L’Observateur n’en est pas à ses premières armes et je ne remets aucunement en doute son expertise. Toutefois, l’étude a été menée auprès de 228 résidents, faut-il le rappeler. Prétendre que 85% de la population (194 répondants) est en accord avec le projet est une extrapolation pour le moins risquée. Affirmer que la piscine est réclamée par 85% de la population, comme l’a fait la mairesse Collin dans le dépliant, tient de l’erreur grossière. Il suffit d’aborder le sujet avec ses voisins ou ses connaissances pour se rendre compte que la piscine intérieure n’est pas souhaitée – et encore moins réclamée – par autant de gens.

Les coûts versus ceux de l’aréna
Une autre section du dépliant compare les coûts et revenus anticipés d’une éventuelle piscine à ceux, bien réels, de l’aréna. Là, plusieurs questions se posent. D’abord, au niveau des revenus anticipés. Des revenus de 300 000 $ signifieraient, à supposer que les coûts d’inscription aux différents cours soient comparables à ceux des villes avoisinantes, que la Ville prévoit 3000 inscriptions par session ou 6000 par année. Faites le calcul, à 3000 inscriptions par session, c’est le quart de la population anneplainoise qui devrait s’inscrire à des cours aquatiques, deux sessions par an, pour assurer la quasi-rentabilité de la piscine intérieure locale.

Autre façon de calculer, si la piscine est ouverte 250 jours par année, il faudrait qu’elle génère des revenus quotidiens de 1200 $ pour en arriver aux revenus anticipés. Et si on avait l’idée farfelue de l’ouvrir 365 jours par année (!), ce sont quand même des revenus quotidiens de 822 $ qui devraient être générés. Vous conviendrez que c’est impensable.

De plus, on évalue à 396 000 $ les dépenses anticipées. A-t-on vraiment tout calculé ? Au niveau des coûts d’opération, peut-être. À quoi ressemblera la piscine, quel sera son format, ses exigences d’entretien, je présume que quelqu’un y a vu avant de lancer ces chiffres. Mais il faut aussi inclure les frais reliés à l’hypothèque, ainsi que la dette. On me répondra sûrement qu’il s’agit là de rubriques propres à la corporation sans but lucratif qui gérera la piscine et que ça ne regarde pas la Ville. Je pense au contraire que ce sont des éléments dont il faut tenir compte, à partir du moment où la Ville doit se porter garante des déficits de la piscine.

Comparer le projet de piscine à celui de l’aréna ne tient pas la route. Lorsque l’aréna a été construit, il y a une quinzaine d’années, il répondait à un réel besoin. Sainte-Anne-des-Plaines comptait déjà une multitude d’équipes de hockey et de ballon-balai, regroupées à l’intérieur de plusieurs ligues, ainsi qu’un club de patinage artistique déjà bien solide. Tout ce beau monde évoluait sur les glaces des municipalités voisines. Leur simple rapatriement garantissait la pérennité du futur aréna.

Combien y a-t-il présentement de clubs aquatiques anneplainois évoluant dans les piscines voisines ? Aucun.

Et selon ce qu’il m’a été permis d’apprendre, les inscriptions anneplainoises aux piscines de la Polyvalente Sainte-Thérèse et du Collège Lionel-Groulx, que ce soit pour des cours ou de la baignade libre, sont loin d’être suffisantes pour justifier la construction d’une piscine sur notre territoire.

Quant aux coûts par contribuable mentionnés dans le dépliant, soit 0,02 $ pour la piscine et 0,04 $ pour l’aréna, je présume qu’il s’agit des coûts par 100 $ d’évaluation du terrain et de la résidence du contribuable, et non des coûts par contribuable.

Quelques questions sans réponses
Depuis qu’on parle d’une piscine intérieure à Sainte-Anne-des-Plaines, j’ai en tête une série de questions qui n’ont jamais trouvé de réponses:

  • Avec huit piscines intérieures dans les villes avoisinantes (3 à Saint-Jérôme, 2 à Blainville, 2 à Sainte-Thérèse et 1 à Terrebonne), la Ville de Sainte-Anne-des-Plaines mise-t-elle uniquement sur sa population pour la survie du projet ?
  • Le merveilleux complexe aquatique de Terrebonne, situé à 10 minutes du centre-ville de Sainte-Anne-des-Plaines, ne pourrait-il pas répondre aux besoins actuels ?
  • Pourquoi une ville comme Rosemère, dont la population est comparable à la nôtre mais dont la valeur foncière des propriétés est supérieure, a-t-elle rejeté un projet de piscine intérieure, il y a quelques années ?
  • Pourquoi des villes plus grandes et plus riches comme Mirabel et Boisbriand n’envisagent toujours pas de projet de piscine intérieure ?
  • A-t-on évalué la rentabilité des piscines intérieures des villes avoisinantes ? Celle des autres villes dont la taille est comparable à la nôtre ?
  • A-t-on fait effectuer une étude de marché qui mesurerait nos réels besoins locaux ? Si oui, quels en sont les résultats ?

Madame Collin apportera-t-elle quelques éléments de réponses à tout ceci demain soir ? Je le souhaite.

Y croire…
Mes diverses implications m’amènent à constater le développement des villes environnantes. Il est évident que j’en souhaite de même pour Sainte-Anne-des-Plaines. C’est par de grands projets et une vision à long terme qu’on finit par tirer son épingle du jeu. Le récent projet de piste cyclable devant relier la Trans-Terrebonne à la piste du P’tit train du Nord, via Sainte-Anne-des-Plaines, est un exemple de projet viable, qui amènera une multitude de cyclistes à rouler chez nous et ainsi stimuler notre activité économique.

Une piscine intérieure pourrait-elle en faire autant ? Je ne demande pas mieux que d’y croire. Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres… À madame Collin de nous convaincre !



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5 réponses à “Le projet de piscine intérieure à Sainte-Anne-des-Plaines”

  1. Pierre Lagacé #

    Je me méfie toujours des politiciens qui fonctionnent avec des sondages…

    17 février 2009 at 8 h 47 min Répondre
  2. Pierre Lagacé #

    Je trouve dommage qu’on utilise des sondages pour diriger une ville…
    On peut faire dire n’importe quoi dépendant de la question posée.

    Une mauvaise décision peut entraîner des conséquences désastreuses pour le compte de taxes
    des contribuables.

    Pour moi, cette façon de gérer une petite ville est très suspecte.

    Un petit sondage…

    Souhaiteriez une baisse de votre compte de taxes compte tenu de la crise économique actuelle ?

    17 février 2009 at 9 h 45 min Répondre
  3. Denys Gagnon #

    On peut être pour le projet de construction d’une piscine,on peut aussi être contre et c’est tout à fait démocratique de pouvoir l’exprimer.

    Il est cependant inacceptable d’avancer dans un dépliant distribué à tous les citoyens que l’impact sur la taxe municipale sera de ,02 $ par 100$ d’évaluation tandis qu’en rencontre d’information devant + ou – moins 200 personnes on admet un impact de ,035 $ et possiblement ,05 $ par 100$ d’évaluation.

    Les citoyens ont droit à une information juste et honnête…

    22 février 2009 at 22 h 13 min Répondre
  4. Tremblay A. #

    Nageurs et Nageuses s’abtenir !

    On est tu dans l’ancien temps ? J’ai peine à croire qu’à notre ère, une ville n’a pas de piscine intérieure. Surtout dans un pays du froid comme le nôtre.

    Moi qui pensais m’installer dans votre ville, mais alors là, quelle déception ! Avec des taxes aussi élevées, c’est lamentable de devoir aller dans ‘les villes avoisinantes’ pour satisfaire notre bien-être élémentaire : activité physique pour la santé. Si j’ai bien compris, le bien-être de la ville passe avant celui de l’humain. Hum… déplorable.

    Pauvres anneplanois et anneplanoises…

    26 mars 2009 at 19 h 22 min Répondre

Trackbacks/Pingbacks

  1. Un grand classique | Nos ancêtres - 21 novembre 2012

    [...] Pour vous mettre dans le contexte, j’avais écrit cette histoire suite au fameux projet de piscine tombé à l’eau de l’ancienne administration municipale. Disons qu’on nageait un peu dans l’eau trouble avec ce projet controversé… [...]

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